L’aventure numérique continue !

3 titres à venir chez…

Multivers Éditions !

Après IMAGO, c’est au tour de

  • Les orphelins de Naja
  • Automates
  • 49 302

publiés auparavant au format papier chez Mango Fleurus, dans la collection oubliée Autres Mondes.

Une nouvelle aventure. Une autre vie. Un autre temps.

Longues vies à ces histoires et préservons notre liberté.

À bientôt pour les dates de parution !

POUR RAPPEL

Automates a reçu le prix ISIDOR du collectif HOMOEDU en 2006 et le prix Ados de la ville de Rennes 2007

49 302 : focus sur l’affaire SEZNEC

Les orphelins de Naja… ce roman a souffert d’une censure injuste, avant sa parution puis lors d’un prix littéraire, pour cause de dénonciation fictive sur les scandales étouffés des pratiques pédophiles de certains hommes d’église.

Seulement certains cas ont été dénoncés sur les centaines d’enfants abusés.

Qu’attendons-nous pour protéger nos enfants ?

Pour public averti.

 

Hommage à un grand homme…

Aujourd’hui, nous te rendons un dernier hommage, Ayerdhal, mon ami. Beaucoup viendront, d’autres ne le pourront et j’en fais partie, alors je passe par ici pour me joindre à toutes et tous…

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T’es parti…

On se dit toujours qu’on a le temps, mais il n’y a que pour panser les douleurs qu’il faut laisser le temps au temps…

En amitiés, en amours, il n’y a jamais le temps. Tout est trop court, trop bref, pas assez, pas comme on voudrait, plutôt que d’écouter son cœur et de laisser l’esprit, le mal, dans un vent salutaire, cet Ego qui nous bouffe et nous plonge plus tard dans des affres sans fin.

On le sait pourtant, non ? Ne jamais mettre à demain, ce que tu peux faire le jour même ; un effort aujourd’hui vaut mieux qu’une promesse de lendemain.

On a pleuré. On a ri. Beaucoup. On a partagé, on s’est confiés. Mais toujours pris dans le tourbillon de la vie, il reste des actes manqués, des attentes.

Mon ami, toi, t’es parti…

Et je pleure. Et j’ai mal.

Je t’en veux.

Terriblement.

De montrer à tous qu’on est bel et bien mortels malgré cette phrase : mais on a toute la vie !

Non, on a pas toute la vie. Parce qu’une vie, c’est rien. C’est peanuts dans cet océan d’âmes qu’est l’univers entier.

Et toi, t’es parti…

Nous laissant là, pantelants, choqués, seuls… Surtout seuls. La vie, c’est la mort. C’est accepter sa fin aléatoire. Accepter qu’elle ne soit que poussière inutile.

Désillusions ? On garde en nous ces bribes de souvenirs qui s’effacent avec le temps, avec les gens, avec la mort. Pfffuit ! On disparaît et ne subsistent que les écrits. Rien d’autre.

Morts, nous vivons dans les souvenirs des vivants, une fois qu’ils nous ont rejoint, nous n’existons plus. Une autre page se tourne. D’autres vies, d’autres chemins, d’autres bonheurs, d’autres douleurs.

Un cycle éternel.

Et t’es parti…

Je te connaissais un peu plus que les autres, un peu moins que certains, mais tu étais mon ami depuis près de 15 ans. Depuis ce jour où tu m’as pris dans tes bras sans fausse pudeur, sincèrement, depuis ce jour où nous avons reçu cette distinction, une journée pas comme les autres, aux Utopiales. Tu es celui qui a su découvrir l’humaine blessée derrière son masque blindé.

Tous ces moments ne sont que du vent, mais, pour moi, c’est un inestimable trésor. Alors, oui, tu as raison, il faut écrire, encrer ce que nous sommes.

T’es parti…

Paix à toi, mon ami…

J’aimerais te rejoindre, mais où ? Qu’y a-t-il derrière ? Dis, tu nous l’dis ?

Car, je suis si fatiguée de ma vie, prisonnière de mon propre corps. Je suis fatiguée de ce chemin continuellement parsemé de douloureuses épreuves et mes forces s’amenuisent.

Et toi, t’es parti… là-bas, vers cet inconnu qui intrigue ou qui effraie. Tu étais un homme avec ses défauts et ses qualités, mais un Humain au grand cœur. Tourmenté par des fantômes sombres. Torturé par ce monde inhumain et froid.

Mais qui ne l’est pas ?

Pourras-tu un jour me pardonner les erreurs de notre foutu ego ?

Quelle question ! Nous sommes humains et nous nous sommes déjà pardonnés, parce que la vie c’est autre chose que notre ego et nos rancœurs.

Il y a un putain de grand vide en moi, depuis que t’es parti…

On s’est croisés, ratés, retrouvés, oubliés.

Rappelle-moi pourquoi ?

Je t’aime, mon ami. Repose en paix.

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Jamais je ne t’oublierai…

Nat’Amie

 

Un peu de douceur dans ce monde de bruts

Merci les Utopiales !

Crédit photos : Jean-Emmanuel Aubert

OK, je ne me déplace plus, mais les amis viennent à moi 🙂
En belle compagnie, avec Jean-Emmanuel Aubert et Li-Cam
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En belle compagnie avec Jean-Claude Dunyach et la Guerrière, Fred Malvesin :

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À bientôt, ici ou ailleurs…

 

Message d’urgence

La vie est belle ?

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Encore et toujours des épreuves…

J’ai de nouveau perdu un être cher…

… et cette perte est la goutte de nez qui fait déborder le mouchoir, comme dit une actrice que j’aime beaucoup (Marina Foïs).

Ceux qui me connaissent bien, savent que j’ai toujours trouvé la vie belle malgré les embûches à franchir pour mieux la savourer. Que je suis combative.

Pour exemple, mes deux dictons préférés :

Tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort

et

Parfois on gagne, parfois on grandit…

Aujourd’hui, c’est différent. Je ne vois plus la vie avec le même regard.

Elle m’a usée, m’use et m’usera jusqu’au bout.

Dans la balance, le noir pèse de plus en plus lourd tandis que la lumière s’amenuise comme une peau de chagrin.

Trouver le positif dans les épreuves ? J’y parviens de moins en moins.

Que la vie cesse de s’acharner sur mon sort ! Qu’elle me laisse respirer pour continuer d’avancer, pour continuer d’écrire un peu, pour continuer d’aimer ceux qui me sont précieux, pour souffler un peu.

J’ai conscience de la noirceur de ce texte, mais je vous en prie, comprenez l’urgence : Profitez ! Vivez ! Courez tant que vous le pouvez encore !

Voyagez ! Aimez ! N’attendez pas, ne reculez pas… !

Nous ne sommes rien, que poussière passagère.

J’ai trop repoussé les projets qui me tenaient à coeur et, aujourd’hui, je n’ai que des rêves qui se transforment en fantasmes.

293538_10152394299175403_209471956_n-f48c9Mon corps me condamne à rester dans l’imaginaire.

Moi qui aime temps la liberté, aujourd’hui, je ne peux plus voler…

VIVEZ tant qu’il en est encore temps, ne faites pas comme moi ! La vie n’est qu’un brouillon qu’on ne peut gommer, alors foncez !!!

À bientôt ici ou ailleurs…

 

Yal Ayerdhal, mon ami, est parti…

…mon cœur est lourd, mon cœur est triste, mon cœur pleure de cette douloureuse perte…
Le monde de la SF est en deuil, en plus d’un ami, nous perdons un auteur hors du commun…

Rejoins les étoiles, en paix, mon ami.

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Tu seras toujours dans mon cœur et dans mon âme. Tes mots, tes coups d’gueule, tes rires, ta hargne sont autant de balises sur nos chemins.

P… ! Yal ! Tu n’avais pas le droit de partir si tôt ! On va faire quoi sans toi, hein ?

J’espère seulement que tu seras dans un monde bien meilleur que le nôtre.
Et quand je te rejoindrai, on fera la plus mémorable des javas, quelque part dans l’univers pailleté…

Soit en paix, mon ami

Ayerdhal avec sa belle, son amour :

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Tout mon courage, ma belle Sara, toutes mes forces pour supporter cette épreuve douloureuse.

Je vous aime

 

L‘amitié est précieuse

Cette année, je n’ai pu participer à Scientilivre (Labège), mais…

… les amis ont marqué leur soutien dans une courte vidéo, en voici une capture d’écran pour que vous puissiez vous aussi admirer leurs sourires et leurs yeux pétillants :

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Merci à vous, vous aussi vous me manquez !

C’est bon d’être soutenue, ça donne envie d’avancer et de s’accrocher.

Dans le désordre, de grosses bises à : Christian et Annette Grenier, Alain Grousset, Danielle Martinigol (et son époux, Christian), Éric Simard, Éric Boisset, Claude Ecken, Jean-Marc Ligny, Cathy Desplas (et Laurent Desplas derrière la caméra), Johan Heliot, Jean-Christophe Tixier, Thierry Serfaty, Christophe Lambert, Jean-Baptiste de Panafieu…

 

Pourquoi tous mes déplacements…

… sont-ils suspendus pour une durée indéfinie ?

Chères lectrices, chers lecteurs

Aujourd’hui, impossible de garder cela secret…

Depuis maintenant une dizaine d’années, une maladie invalidante très rare et incurable a pris possession de mon corps. Malheureusement, elle s’est aggravée rapidement ces trois dernières années pour s’installer définitivement, faisant de moi une PMR.

Je ne peux plus me déplacer pour aller à la rencontre de mes lecteurs, en salon ou lors d’interventions scolaires.

J’en suis navrée.

Toutefois, j’espère pouvoir bientôt reprendre la plume pour continuer de partager avec vous de belles histoires.

Belle fin d’été à toutes et tous.

 

Mes petits sourds, apprentis écrivains

Une expérience inoubliable grâce à l’association Délires d’Encre (et la Fondation Bettencourt)

Il était une fois, une école un peu à part, une classe pas comme les autres, des élèves d’un autre monde.

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Ces dix dernières années, des rencontres singulières m’ont marquée plus que d’autres, mais celle que je vais vous conter me hantera durablement.
Connaissez-vous ce monde silencieux dans lequel vivent les sourds ?

Je n’en sais pas plus que vous, si toutefois vous êtes entendant comme moi, seulement, j’ai toujours eu cette irrésistible attirance de la différence, et lorsque l’association Délires d’Encre m’a proposé d’intervenir dans une classe d’élèves de deux niveaux, CM1/CM2, en plein cœur d’une école primaire « ordinaire » à Ramonville, aucune hésitation, je répondis présente.

Comment deviner que cette matinée d’octobre 2012 allait m’enrichir et me pousser à mon vieux désir : apprendre la LSF ? (Mais ceci est une autre histoire.

Nous autres, auteurs, n’écrivons pas uniquement pour les gens qui savent lire, les instruits, les érudits, mais aussi pour ceux qui n’aiment pas la lecture, ceux qui ne connaissent pas toutes les subtilités de la langue française.

La lecture concerne tout le monde puisqu’elle fait partie de notre quotidien, mais c’est tellement naturel pour les lettrés. C’est si naturel pour moi que jamais je ne me suis posé cette question : comment des enfants sourds peuvent-ils apprendre notre langue à l’écrit alors qu’ils n’en reçoivent pas la moindre musique ?

Les enfants sourds apprennent dans le silence, voient et reconnaissent les mots, mais… quels sons font-ils ? La surdité est un monde à part avec une culture qui lui est propre. Un sourd qui signe LSF, c’est une personne qui parle une autre langue avec un autre alphabet et une structuration syntaxique différente. Cette langue fonctionne avec des phrases simples souvent dénuées de conjugaison, elle demande beaucoup de travail, car le corps entier, surtout le visage, joue un rôle important dans la communication.

Parler, lire, écrire est d’une telle évidence que nous imaginons difficilement les autres formes d’apprentissage pour parvenir à cet automatisme. Face à une telle situation, on devient humble.

Pour cette première, je ne mesurais donc pas toute la difficulté de l’écrit, et de la langue en particulier. C’était comme si je me trouvais face à une classe bilingue « classique » – ce qui est le cas ! –, car, par un automatisme inconscient, je pensais en anglais en m’adressant virtuellement à eux quelques minutes avant l’immersion.

Fascinée, j’ai vu ces élèves signer, « écouter », des élèves curieux et avides d’apprendre de ma bouche, le tout dans un silence bruyant – les interprètes nous rendant la tâche plus facile (merci mille fois à eux) ! J’ai compris que certains mots, certaines expressions étaient ardus à traduire, surtout piochés dans un texte de Science-Fiction, pourtant destiné à de jeunes élèves de primaire.

À la fin de la séance, je suis repartie encore plus éreintée que mes précédentes interventions, bouleversée et enrichie, et je renouvelais l’expérience un an plus tard, dans la même classe où je retrouvais avec une intense émotion les CM1 devenus CM2 et de nouvelles têtes blondes. Les enseignantes m’accueillirent chaleureusement, nos yeux brillaient. Une certaine complicité émergeait lors de cette deuxième rencontre, un terrain connu, une attente plus explicite.

Le plus beau arrive enfin, comme un cadeau…

L’accomplissement de ces deux rencontres singulières s’annonça par une proposition venant de l’association Délires d’Encre (sans laquelle tout cela n’aurait pas été possible) de faire un atelier d’écriture dans cette classe, projet rendu réalisable grâce aux subventions de la Fondation Bettencourt (mille mercis à elle).

Un projet clef en main pour une école demandeuse, un peu oubliée, qui enchantait enseignants autant qu’élèves et auteurs. Un atelier d’écriture à distance, « virtuel » comme j’aime à les nommer, se concluant par une exposition des travaux.

J’acceptais donc en sautant de joie (presque) et commençais d’élaborer mentalement cet atelier. Je cogitais sur une histoire, avant même d’en apprendre davantage. Mon impulsivité naturelle se calma en recevant les premières consignes de la part des enseignantes pour la construction d’un début de texte destiné aux futurs apprentis écrivains.

Ce qui s’appliquait aux précédents ateliers pour primaires, que j’avais déjà tenus, se corsait ici, car je m’adressais à des enfants dont la langue maternelle est la LSF, et, comme vous l’avez compris si vous avez lu mes remarques précédentes, il fallait aller au plus simple dans l’élaboration du texte, sans toutefois bêtifier l’histoire ni rabaisser les élèves. Il fallait fuir les automatismes tels que : les grands dialogues, les tournures complexes avec des conjonctions, les longs paragraphes, les temps composés, les expressions idiomatiques, argotiques, les sous-entendus, etc.

Par chance, j’avais l’autorisation d’ajouter quelques bruits, bien qu’avec modération. (J’adore utiliser tous les sens dans un texte pour faciliter l’immersion du lecteur et contribuer à instiller les émotions les plus pertinentes. À chacun sa plume !)

L’atelier se déroula ainsi : j’envoyais le début de l’histoire aux enseignantes (deux premiers chapitres où l’on découvre un adolescent jaloux de l’attention qui est portée à sa petite sœur, sourde de naissance, au cœur d’une petite ville côtière de Bretagne). Les élèves de CM2 avaient pour mission d’écrire le chapitre 3, puis au tour des CM1 pour le 4ème chapitre et la conclusion.

Nous nous étions donnés près de deux mois, les vacances enlevées, mais cela n’a pas été suffisant. Parce que, ne la connaissant pas, je n’ai pas tenu compte de la méthode utilisée par les enseignantes pour que leurs élèves puissent imaginer, donc dessiner, avant de poser le moindre mot sur le papier. C’est un apprentissage essentiel pour les petits sourds, puisque leur mental s’esquive vers les images avant qu’elles soient traduites puis transcrites.

Là encore, j’ai assimilé une méthode intéressante, applicable aisément.

La première version du chapitre 3 était pauvre et succincte. Tant mieux pour tout le monde ! Cela nous a tous permis de progresser. J’y suis allée de mon approche classique, imparfaite et sans cesse en évolution. Je leur envoyais mes conseils et propositions, sans savoir s’ils allaient être bien accueillis et surtout utilisés, en prenant garde de ne pas empiéter sur leur création. Juste ce qu’il fallait d’embellissement, d’émotions, et de cohérence.

Et là, j’eus la surprise de découvrir une deuxième version non loin de l’aboutissement créatif. Il ne me restait qu’à leur montrer la construction et le travail de correction, le français, en passant par la traque aux répétitions et aux erreurs minimes.

Je ne les chargeais pas de la totalité de ce lourd fardeau, nous n’avions finalement que peu de temps, mais le bagage nécessaire pour qu’ils puissent apprendre et progresser dans l’écriture.

Faute de temps, je n’ai pu accomplir le même travail d’orfèvre avec le niveau inférieur, mais le si peu a déjà donné un résultat plus que satisfaisant.

Les enseignantes ont fait un travail d’équipe formidable ! C’est ce qui fait toute la différence. Elles ont su s’approprier mes conseils pour mieux les retranscrire et les transmettre à leurs élèves. J’ai énormément appris, plus que jamais je ne l’aurai imaginé dans une telle situation. Un échange et un partage hors du commun.

Le titre fut l’ultime tâche. Ils l’ont choisi avec beaucoup de soin, argumentant, expliquant leur choix ou leur désaccord en relation avec l’histoire. Là encore, j’ai été agréablement surprise par leur fin raisonnement.

Extrait de l’échange avec leur professeur : « … au départ, les élèves voulaient ce titre : Dangers de la mer et ils se sont rendus compte que ce titre pourrait désintéresser vite les lecteurs. Alors ils ont pensé à Pauvre Louison, mais certains n’étaient pas d’accord avec ce titre, car, en dévoilant le prénom de la gamine, ils annulaient l’effet de surprise (ils ne veulent pas que les lecteurs sachent déjà le prénom)… »

Quand je me suis déplacée pour le rendu final (avec la présence des parents, amis, autres élèves entendant ou non), je brûlais d’impatience de revoir mes chers jeunes écrivains et leur « dire » combien j’étais fière d’eux et de leur travail. Avide, je voulais en savoir plus, connaître leurs ressentis, ce qu’ils en avaient pensé, comment ils avaient perçu le travail, comment percevaient-ils maintenant ce long et difficile métier d’écrivain.

Cette matinée fut intense et bouleversante. Nous avons échangé des cadeaux, des sourires, des regards, des bises, des dessins, des fleurs, des bonbons (c’était l’anniversaire de la jeune Morgane, une jolie blondinette aux grands yeux bleus, et elle avait préparé un délicieux gâteau pour l’occasion)… et un mug !

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(Mon cadeau précieux :-))

Ils étaient heureux d’avoir pu travailler avec moi sur ce projet, de voir le résultat. Ils avaient aussi beaucoup appris et j’ai pu voir une certaine maturité briller dans leurs regards. Ils avaient participé à la création d’une histoire ! Ce n’est pas rien, tout de même, surtout quand on connaît les difficultés d’apprentissage qu’ils rencontrent !

Les enseignantes étaient elles aussi ravies de cette expérience enrichissante et ne demandent qu’à renouveler cette aventure. Nous avons eu un long moment privilégié, durant toute la matinée, avant de nous retrouver dans le flot des « visiteurs » (il faisait une chaleur !), venus en fin d’après-midi pour admirer le travail réalisé en classe, grâce à l’organisation et aux bénévoles de l’association Délires d’Encre.

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À l’issue de cet atelier, une idée a germé, une envie, un pari un peu fou.
Publier ce texte comme outil pédagogique en y ajoutant les dessins, première étape de leur création. Un éditeur suivra ou pas.
Mais je souhaite de tout cœur que ce projet voie le jour.

À bientôt, ici ou ailleurs…

 

Auteur en colère

On parle beaucoup des auteurs BD, mais toute la profession est concernée et dérive. Alerte ! Pour comprendre, lisez :

Pour mieux illustrer mon propos, puisque trop en colère et anéantie pour le formuler moi-même. Anéantie de voir ma profession se désagréger autant que d’envisager un arrêt net et définitif de mon activité.

Donc, pour illustrer mon propos, disais-je, je copie/colle une lettre, lettre juste et puissante de François Place, l’auteur de livres magnifiques comme “Les derniers géants” et “Atlas des géographes d’Orbae”.


La main coupée

Une petite lettre pour annoncer benoîtement aux auteurs qu’on s’occupe enfin de leur retraite complémentaire. Il était temps ! merci L’IRCEC . Chers auteurs, on va vous amputer de 8 % de votre revenu annuel global pour vous aider à préparer vos vieux jours. Oui vous cotisez déjà à la retraite générale et vous cotisez le plus souvent au plus bas de la retraite complémentaire. Mais grâce à ces 8 %, vos vieux jours sont assurés. Voilà, c’est tout. À bientôt. N’oubliez pas de dire merci.

Combien gagne un auteur jeunesse sur le prix d’un livre ? Entre 3% en poche et, au mieux du mieux, dans les cas exceptionnels de gros tirage et avec une notoriété acquise, une petite tranche de 8%, une fois un solide nombre de ventes déjà assuré (les droits progressifs). Et encore, il faut pour cela être auteur et illustrateur, sinon, vous pouvez diviser la somme à votre gré. C’est normal, il y a l’économie du livre, l’édition, la fabrication, la diffusion, la distribution, et tout et tout, et on vous explique qu’on ne peut pas faire mieux, qu’on ne peut pas faire plus, et vous vous retrouvez avec des avances sur droit qui n’ont parfois pas augmenté, en valeur constante, depuis 20 ans ! Avec ça, débrouillez-vous. Un auteur, ça fait tout, ça écrit (et ça dessine), ça scanne, ça maile, ça se déplace en librairie, sur des salons ou dans des classes, ça se documente, ça étudie, ça se forme, tout ça comme ça il peut, loyer, documentation, informatique etc.

Imaginez qu’un organisme dont on ignore à peu près tout du fonctionnement vienne annoncer par une petite lettre glissée en mail aux éditeurs : Au fait, l’année prochaine, vous nous balancez 8% de votre chiffre d’affaire annuel pour assurer la pérennité de votre maison. Vous pensez qu’ils diraient merci ? On a quelques questions, non ?

D’abord pourquoi 8, pourquoi pas 10 ou 12 ou 15 % ? Je veux dire, tant qu’on est à saigner, c’est quand même dommage de retenir la lame… Pourquoi maintenant ? pourquoi aussi brutalement ? pourquoi aussi discrètement ? Pourquoi aussi obscurément ? Vous connaissez un seul conseil d’administration, une seule instance de gestion ou de comptabilité qui accepterait de se voir notifier une cotisation aussi exorbitante sur un vulgaire A4 glissé en boîte mail. Je répète les questions : pourquoi 8% ? Où va cet argent ? Qui le gère ? retraite par répartition ? Par capitalisation ? Dans ce cas, c’est un fond de pension, mais vous avez une seule idée de l’endroit où il est placé ? Vous ne vous attendez pas à recevoir un petit dossier, par la poste, bien complet, bien expliqué ? Ben vous êtes bien bêtes. Parce que les syndicats de Bd qui ont osé poser des questions se sont, en gros, fait recevoir sur les roses : C’est comme ça. Y a rien à discuter. La Sofia devait s’engager à prendre en charge une moitié de ces cotisations. Est-ce une rumeur, est-ce une réalité, elle se dégage au vu de la somme à sortir. Ce n’est pas un monde fou, c’est un monde flou.

Nous avons donc la chance de bénéficier, d’un côté, du régime le plus ultralibéral de toutes les professions : sans clientèle assurée, sans couverture, sans visibilité, sans rémunération, puisque nous ne sommes payés que sur les ventes à venir, et qu’un à-valoir, déjà maigre, devient carrément misérable quand il est ventilé en trois parties. Quelle profession accepte d’avancer TOUT le travail contre un tiers d’une rémunération, 2/3 quand il est fini, livré, corrigeable et amendable sans contrepartie, et le dernier tiers à parution, c’est-à-dire au bon vouloir du commanditaire ? Aucune. L’auteur, du point de vue comptable, est la seule variable d’ajustement. Tout le reste, les frais de fabrication et de distribution sont « durs », incompressibles. De l’autre côté, nous découvrons que nous sommes aussi ressortissants du régime le plus opaque et le plus dirigiste qui soit, au sens soviétique du terme, puisqu’une instance même pas gouvernementale peut se permettre de nous imposer du jour au lendemain une cotisation exorbitante sans se soucier une demi-seconde de la précarité dans laquelle vivent la plupart d’entre nous.

Il est vrai que, comme pour les intermittents du spectacle, cela aura la vertu d’en éliminer un certain nombre, qui ne cotiseront plus à rien, puisqu’ils se retrouveront sur le carreau.

Pour en terminer avec cette histoire d’avenir garanti, il m’est arrivé, jeune encore, et déjà passablement accablé par les conditions que je me voyais offrir pour travailler dans l’édition, de me dire que le seul moyen de m’en sortir serait d’acheter un toit. Pour ne plus avoir, plus tard, à payer de loyer. Et donc, pour assurer mes arrières ou mes vieux jours, comme vous voudrez. Je travaillais entre 70 H et 80 H/semaine et autant vous dire que le mot vacances n’était même pas dans mon dictionnaire, quand à la rémunération que je recevais en contrepartie, c’est une rigolade, je passais mon temps à faire de l’alimentaire (principalement des dessins d’exé en publicité) pour continuer à produire un peu d’édition.

Nous avons emprunté 100% du prix de la maison et les 10% du notaire auprès de la famille. Notre endettement atteignait les 30% autorisés. Si j’avais dû en plus, balancer 8% à cet opaque IRCEC, autant vous dire que je pouvais mettre un trait sur la maison.

Savez-vous quoi ? Je suis content d’avoir pu le faire. Je pense que la maison est une meilleure garantie !

Pour la petite histoire, j’ai dû, quelques années plus tard, aller trouver le banquier et lui dire : voilà, j’ai un super projet d’édition, j’ai de la notoriété, je suis en bonne santé, mais, comment vous dire, dans les 2 mois qui viennent, soit j’obtiens une bourse au CNL, soit je revends ma maison pour continuer. Pouvez-vous patienter 2 mois ?

On en est toujours au bon vieux mythe de la cigale et de la fourmi. Auteurs, réjouissez-vous. Vous êtes cigale, on vous promène avec de petits à-valoirs pour vous permettre de pousser la chansonnette. Un ancien ministre de l’éducation a d’ailleurs pu dire un jour sans plaisanter que celui qui ne gagnait pas suffisamment de droits pour vivre de ses livres était tout simplement un mauvais auteur. Ça, c’est pour le côté ultralibéral. Ou tu marches ou tu crèves, et ne t’en prends qu’à toi-même.
À partir de maintenant, vous serez aussi fourmi, on vous prélèvera ce que vous avez piteusement glané dans votre sébile pour le mettre de côté. Ça, c’est pour le côté soviétique. Le plan. La prévision. On ne vous demande pas votre avis, on vous balance un ordre plutôt que des informations, et ça ne vous regarde pas, c’est pour votre bien.

François Place. Des deux côtés, vous payez.

C’est quoi, 8%, sur un corps humain ? C’est votre main droite. Vous n’avez qu’à apprendre à vous servir de la main gauche.

L’implication de la CHARTE DES AUTEURS ET ILLUSTRATEURS

Le soutien de la SGDL

Un lien FACEBOOK pour suivre le mouvement

Festival Livres & musiques à Deauville pour le prix Ados 2014

And the winner is…
Écoute battre mon cœur !

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(Crédit photo : Sandrine BOYER-ENGEL)

Ma première fois à ce festival et dans cette ville qui m’a procuré cette sensation d’être hors du temps.

Une station balnéaire qui me laisse indifférente tant l’on sent les fortunes sédentaires et nomades (son casino, ses rues propres et chics, ses voitures de luxe et hors de prix pour le « commun des mortels », les gardes du corps…) avec cette impression que la misère n’a pas sa place en ces lieux.

Malgré tout, on apprécie la lumière du bord de mer, le vent frais et l’iode qui parfume délicatement chaque balade, l’architecture sublime et les langues étrangères qui chantent à vos oreilles.

Cerise sur le gâteau, l’amabilité et la serviabilité des habitants. Rare, surtout lorsqu’on a une mobilité réduite.

JEUDI

Voyage et arrivée pour une première intervention au Collège/Lycée Maurois. Préparée aux petits oignons, cette rencontre sous le soleil de la Manche fut un régal !

Coupure, les pieds dans le sable fin et gris après avoir embrassé des amis chers, comme nous, de passage à Deauville.

La soirée a débuté par le vernissage de l’exposition des photos magnifiques de Dominique Tarlé, autour de son travail sur les Rolling Stones, réalisé en 1971 durant les six mois qu’il passa avec le groupe dans le sud de la France.

J’ai juste regretté le peu de tirages offerts à nos yeux éblouis (par manque de temps et de place) ainsi qu’un lien complice et chaleureux entre eux.
Dominique est un homme adorable, accompagné de Julia (propriétaire d’une galerie à Paris, dans le Marais), une femme humaine au sourire enchanteur.

Brrrrr, les nuits sont fraîches !

VENDREDI

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Remise du prix, de 10h00 à 12h00 (officiellement… parce qu’ensuite, la ronde des dédicaces m’a submergée), dans l’auditorium du CID (Centre International de Deauville), immense et quasiment envahi par plus de 1 500 jeunes « critiques littéraires » sur les 2 000 (élèves de 3e et de seconde) participants (sans compter les adultes).

Originale, cette remise.

Durant deux heures, les auteurs…

  • Maryvonne Rippert, Métal Mélodie (Milan jeunesse)
  • Paul Dowswell, Sektion 20 (Naïve)
  • Anne Percin (représentée par son éditrice, Sylvie Gracia), Comment devenir une rock star (ou pas) (Le Rouergue)
  • Greg Zlap et Miras, Harmonijka (Glénat)
  • Et moi-même…

… se sont retrouvés sur une scène immense, encadrés par des élèves volontaires, d’un journalise de chez Phosphore (pardon, j’ai « mangé » son nom) pour deux heures de questions entrecoupées de morceaux choisis et interprétés par le groupe Lanskies.

Sans oublier, Greg Zlap, et son guitariste, qui nous a joué un morceau de son cru à l’harmonica…

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Magique !

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Attention ! Roulements de tambour… et le vainqueur est

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Monsieur Leclerc me remet la clef de sol.

Pas le temps de souffler ni de manger, les deux rencontres de l’après-midi s’annoncent ! Sur le même mode que celle de la veille avec des questions pertinentes, de la bonne humeur et de l’émerveillement.

Chapeau pour ces échanges riches et curieux !

Le lieu du festival est grandiose, labyrinthique et bouillant en plein soleil… lorsqu’on se retrouve sous la verrière !

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SAMEDI

Les invités du festival sont tous là, sauf que nous avons le temps ni de nous présenter ni d’échanger, dommage.

Dédicaces du matin… personne.

Dédicaces de l’après-midi… personne (ou presque).

Mon sentiment ? Je regrette l’absence de mise en avant du roman vainqueur du prix ados, pas de bandeau sur le livre, et le clou : un seul titre sur la table (valable pour tous les auteurs sélectionnés pour le prix).

Manque de courtoisie des libraires et de motivation à la vente.

Surprenant !

OK, je cesse de râler 🙂

Enfin, LA GRANDE SOIRÉE DES AUTEURS au théâtre du Casino, s’il vous plaît ! Lieu somptueux et inconfortable (glups).

Remise officielle des trois prix du festival :

  • Le Prix des Lecteurs décerné à Karine Micard, Giuseppina Verdi (Robert Laffont).
  • Le Prix des Ados (monter sur les planches, remercier, un discours bref et un joli bouquet de fleurs… atchoum !).

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  • Le Prix de la Ville de Deauville décerné à Gilles Leroy pour Nina Simone (Mercure de France).

Mais avant… ah ! oui ! avant ! Un concert littéraire, énorme, de Joseph d’Anvers ! Coup de cœur du festival, Joseph a présenté sa version des nouvelles de Richard Lange : Dead Boys.

Un régal !

Après toutes ces émotions, j’ai capitulé, le corps épuisé et douloureux, pour rentrer chez moi plus tôt.

Je regrette beaucoup le manque de communication lors de ce Festival, le manque d’informations sur le programme et quelques couacs qui prouvent que nous sommes loin de l’organisation (souvent en béton) des « vrais » salons du livre.

Il faut dire que le prix Ados s’est envolé rapidement ! Lors de la première édition, il y a six ans, seulement soixante élèves y participaient… 2000, aujourd’hui !

Pour cela, je m’incline.

Voilà, c’est la fin de mon petit tour de printemps. Maintenant, je vais profiter des beaux jours pour me requinquer et me pencher sur de nouveaux projets.

À très vite, ici ou ailleurs !