Automates

Editions CASTELMORE
Parution : 16 août 2018 – 230 pages
Version poche

 

Ce n’est pas tant la ligne d’arrivée qui compte dans Automates, mais le voyage profondément humain dans lequel nous plonge Nathalie Le Gendre. On pourrait d’ailleurs affirmer « malheureusement », tant les oppressions évoquées ne devraient plus jamais figurer dans notre monde.Geektest

 

Luka, le frère d’Andhré-Ann, est entre la vie et la mort après un grave accident de moto. Afin de gagner l’argent nécessaire aux frais d’hospitalisation et d’éviter qu’on ne lui greffe un cerveau-ordinateur, la jeune fille décide de se présenter comme pilote à la course des Olympies. Elle se déguise donc en garçon. Mais dans une société où les femmes n’ont aucun droit, les risques de la route ne sont pas les seuls dangers qu’Andhré-Ann va devoir braver…

 


Les prix

Les sélections :

Les prix de l’édition 2005

2007 - Prix Ado de la ville de Rennes 

2006 - Prix Ruralivre (Pas de Calais)

2006 - Prix de Chateaudun

2006 - Isidor du collectif Homoédu
Les sélections :
  • Prix des lecteurs de Mickey (2005)
  • Prix du jeune lecteur Épinal (2006)
  • Prix Imaginales des lycéens (2006)
  • Prix Gaillards d’or (2006)

 


Les avis

Les pages qui tournent : “(…) j’avais peur que la place des courses ou des motos soit trop importante ou que l’auteure se perde dans des détails qui ne m’intéressaient pas forcément. Il n’en fut rien ! Nathalie Le Gendre a su judicieusement aborder le sujet en apportant de nombreux éléments sans pour autant dégoûter le lecteur. Elle a su trouver un très bon juste milieu. De plus, elle a rendu les compétitions ou les tours de pistes vraiment haletants ! (…) Conclusion : Malgré ses quelques défauts, on a là un très bon roman de science-fiction avec des thématiques pertinentes, une romance qui sort de l’ordinaire et qui est en toute simplicité, un bon rythme et de belles valeurs.Un avis de Saiwhisper – 08/18

Geektest : “(…) Évidemment, quand une cité en est là, on se doute que les sentiments entre ses habitant(e)s ne peuvent mêler le même sexe. On ne révélera pas les détails de l’histoire concernant ce point, sinon l’on vous gâcherait tout. Sachez toutefois que l’on y retrouve cette fameuse horreur, comme quoi il s’agirait d’une maladie à soigner. Ce qui semble assez simple dans cet univers, où le COrdinateur peut changer quiconque. (…)” 08/18

 


Extrait

Depuis ce terrible jour, tout a changé à la maison. Oh, rien n’est perceptible de l’extérieur ! Mais je vois ma mère se forcer à garder le sourire, à être sereine, à ne pas montrer sa peine. Vivre coûte que coûte. Mon père, égal à lui-même, ne montre aucune émotion… si ce n’est une profonde culpabilité. Et aujourd’hui, avec son fils dans le coma, il a du mal à cacher sa déception. Mon père a eu sa chance lui aussi sur piste. Malgré sa femme et son premier enfant, il a continué à courir et à supplanter tout le monde jusqu’à l’annonce d’un deuxième enfant… Il a alors choisi de ne plus prendre de risque et de s’occuper de sa famille. Puis, quand son fils a montré qu’il avait hérité de ses dons, il a reporté tous ses espoirs sur lui. Malheureusement…
— Ton père n’a pas encore pris son petit déjeuner, me reproche maman en me voyant tendre la main pour attraper un troisième croissant.
Je sens mes joues s’embraser. Je dois être écarlate. Plongée dans mes pensées, je ne me suis pas aperçue de ce que j’engloutissais.
— Ne t’empiffre pas ainsi, poursuit-elle. Ce n’est pas très convenable pour une jeune fille qui va bientôt être majeure et qui devrait assumer sa nouvelle condition de femme.
— Maman, je n’aurai dix-sept ans que dans trois mois ! Ça va venir bien assez vite ! J’ose à peine imaginer qu’il va me falloir sortir chapeautée et gantée… Brrrr !
— Peut-être, mais il serait bon que tu commences à changer tes manières et à faire plus attention à tes tenues vestimentaires. Tu ne vas pas rester un garçon manqué toute ta vie !
Excédée, je soupire bruyamment. Ma mère a raison, je suis impossible. Depuis que je sais marcher, je refuse de porter ces longues robes dans lesquelles je m’empêtre les pieds. Moi, ce que je veux, c’est faire comme les garçons. Mais non, une petite fille doit bien se tenir ; ne pas courir comme une folle ; ne pas jouer avec des petites voitures ou au ballon ; ne pas pêcher ; ne pas grimper aux arbres ; ne pas imiter son père ou son frère sur une moto…
Je manque de m’étrangler. Cela fait deux mois que je n’ai pas touché à ma moto et j’en suis affreusement malade. Deux mois que Luka est à l’hôpital et que mon père ne me lâche pas d’une semelle. Bon, c’est vrai, j’ai désobéi : je n’ai pas attendu l’autorisation de mes parents pour piloter.

 


Voici l’édition de 2005 (illustration de Manchu), aux éditions Mango dans la collection Autres Mondes :

automates

Quelques avis de l’époque :

“Voici un chef d’œuvre qui va faire mouche auprès des adolescents. Nathalie Le Gendre a inventé un XXIIIe siècle plausible, pas si éloigné des progrès actuels de la science. Les détails scientifiques et techniques sur la chirurgie, les ordinateurs et les motos raviront filles et garçons, ainsi que le mélange habile des sexes et des orientations sexuelles, sans oublier la révélation en temps réel des tendances de l’héroïne, comme si vous y étiez ! Reste à espérer que cet ouvrage soit traduit et diffusé dans des pays où il fera scandale !” Lionel Labosse Altersexualité

” Liberté, identité, homosexualité, mais aussi dopage et moto, tels sont les thèmes que Nathalie Le Gendre explore avec un mélange de pudeur et de franchise qui convient parfaitement aux adolescents auxquels elle s’adresse.” Lucie Chenu

“L’homosexualité est un thème rarement traité en littérature jeunesse, et plus particulièrement lorsqu’elle est féminine. Après deux romans très remarqué — Dans les larmes de Gaïa et surtout Mosa Wosa, Grand Prix de l’Imaginaire 2005 — Nathalie Le Gendre n’hésite pas à prendre des risques en abordant ce sujet qui, s’il n’est plus vraiment tabou, demeure encore bien secret. Elle réussit remarquablement à faire ressentir l’émotion de cette découverte et à en faire accepter l’évidence, la sincérité, le naturel.” Laureline Patoz – Noosfère