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Après cinq jours de publications intensives sur les réseaux, le salon du livre de Paris a fini par entendre et comprendre la demande des auteurs. Et avec eux, celle de tous les lecteurs venus soutenir ceux qui font les livres. Les auteurs seront bien rémunérés pour leurs interventions, quelles qu’elles soient.

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LIVRE PARIS : AVEUGLE ET SOURD AU ROYAUME DES LIVRES !

Communiqué de la Charte des Auteurs et Illustrateurs Jeunesse

Malgré l’engagement pris auprès de la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse par Pierre Dutilleul, directeur du Syndicat nationale de l’édition (SNE), la semaine dernière, Livre Paris fait maintenant marche arrière. Le communiqué publié sur le site du SNE, en toute discrétion, annonce que les auteurs ne seront finalement rémunérés que pour les ateliers ou autres formats singuliers. Des auteurs jeunesse ayant entre temps demandé leur rémunération pour des interventions et tables rondes se sont vus éconduits.

En réaction, les réseaux sociaux se sont déchaînés tout le week-end et le #PAYETONAUTEUR, relayé par la Charte, le SNAC BD (Syndicat des auteurs de BD) et les grands influenceurs du monde du livre (en particulier les booktubeuses @NiNeGorman et @Bulledop) a embrasé Twitter.

Certains auteurs tels que Olivier Gay, Stéphane Servant ou Nine Gorman ont d’ores et déjà annoncé annuler leur venue et leurs interventions, si le refus de rémunérer les auteurs persistait.

Livre Paris, « le plus grand événement du livre en France », salon du SNE, syndicat composé donc de plus de 600 éditeurs, refuse de rémunérer les auteurs pour les plateaux, rencontres et interventions. L’argument renvoyé aux auteurs est qu’ils viennent y faire leur « promotion ». Ce terme de « promotion » est un glissement sémantique recouvrant en réalité ce qui relève de l’animation et de la médiation culturelle dans la sphère sociale, au titre d’un savoir-faire créatif. Il n’est même pas question des dédicaces.

L’auteur de BD Boulet tweete en retour : « On paye les locaux, on paye les gens qui apportent les cartons de livres, les libraires vendent des livres et paient leurs employés, les éditeurs paient les gens qu’ils envoient, le personnel de sécurité est payé, le personnel d’entretien aussi… »
Alors, tous payés, sauf les auteurs ?
L’autrice Sophie Dieuaide rebondit : « Pendant un salon, même les plantes vertes sont louées, pourtant ça ne prépare pas à mort ses conférences, une plante verte… »

La polémique intervient alors que le Centre national du Livre (CNL) a impulsé une réforme fondamentale pour les auteurs : les organisateurs de manifestations soutenues par le CNL doivent rémunérer les auteurs qui participent à des rencontres. La grille tarifaire vient justement de s’aligner sur les tarifs de la Charte.
La question se pose donc : quelle position tiendra le CNL ?

La Charte a transmis au SNE son indignation qu’un événement aussi symbolique et médiatique que Livre Paris puisse se permettre de refuser la rémunération des auteurs, sous prétexte de leur donner de la « visibilité ». Un événement dont l’entrée, rappelons-le, est payante – 29 € le pass Grand Lecteur. Le SNAC BD se joint à la Charte de tout son poids pour manifester sa révolte.

Alors que les auteurs vivent une très grande période d’incertitude sur les réformes sociales à venir, où leur rémunération baisse, alors même qu’ils sont les grands lésés de la réforme CSG, dont la compensation a été annoncée mais toujours pas effective, cela envoie un signal déconcertant.

Les auteurs disent non au travail gratuit. Préparer un atelier, parler de son œuvre, de son travail, se déplacer, échanger, animer, est un travail lié à leurs œuvres.

Qui les lecteurs viennent-ils voir à Livre Paris ? Les auteurs. Pas de simples livres déposés sur une table.

Droits d’auteurs : pourquoi les auteurs jeunesse sont-ils si mal payés ?

Une question à laquelle nous avons du mal à répondre, mais la précarité est bien réelle :

MANIFESTATION DES AUTEURS au Salon du Livre pour la Jeunesse de MONTREUIL :

 

 

Rappelle-toi, chère Lectrice, cher Lecteur :

“Pas d’auteur, Pas de livre !”

Nous aussi on a le droit de manger et de vivre décemment !

“CSG : NON A L’APPAUVRISSEMENT DES ARTISTES ET AUTEURS !”

– Encore une mesure discriminatoire.

– Pourquoi ?

– Si la hausse de la CSG n’est pas compensée pour les artistes-auteurs, nous cotiserons  1.7% supplémentaire au titre de la cotisation sociale généralisée sur chaque montant brut que nous toucherons.

– Alors, nous avons le droit au chômage et autres droits accordés à la plupart des actifs de ce beau pays ?

– Euh… eh bien non… faut pas rêver là !

– Mais cette mesure est injuste !

– Ah oui ? Mais, tu sais, ils s’en f… ! Tiens, lis la lettre de la Charte des Auteurs et Illustrateurs envoyée aux chartistes pour signer la pétition et bouger nos fesses :

“Suite à l’annonce par le gouvernement de la hausse de la CSG (+1,7%) sans compensation pour les artistes-auteurs, une lettre rédigée par la plupart des associations d’auteurs a été adressée au Président de la République, ainsi qu’au ministère de la Culture, au ministère des Affaires sociales et à plusieurs autres instances. Cette lettre étant restée sans réponse, nous lançons une pétition et demandons que tous les artistes-auteurs bénéficient d’une compensation, comme l’ensemble des actifs, car nous considérons que cette mesure est discriminatoire.” 

Mais, certains me diraient : Auteur… Illustrateur… c’est pas un métier ça ! Allez bosser au front, bandes de fainéants ! A mort la culture !

(Si, si, je l’ai déjà entendu)

Sur ce coup de gueule, chère lectrice, cher lecteur, je te souhaite un bel avenir.

Allez, ACTION !